Comment exercer le droit à l’oubli sur Google | Guide

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Apparaître dans les résultats de Google avec des informations négatives, anciennes ou non pertinentes peut avoir un impact important sur ta vie personnelle et professionnelle. En effet, une simple recherche négative peut affecter ta réputation, tes opportunités d’emploi ou même ses relations commerciales. Pour cette raison, le droit à l’oubli sur Google permet de protéger les données personnelles sur Internet. Google analyse chaque cas de manière individuelle et peut accepter, rejeter ou estimer partiellement une demande de retrait de contenu. Connaître la procédure pour exercer ce droit, les critères fixés par Google, ainsi que la législation et la jurisprudence qui le développent est essentiel pour garantir le succès.

Dans ce guide, nous expliquons étape par étape ce qu’est le droit à l’oubli ou droit à l’effacement, quand il peut être exercé, comment présenter la demande, des conseils pratiques et quels sont les recours juridiques si la réponse est négative.

Qu’est-ce que le droit à l’oubli et que permet-il de supprimer?

Le droit à l’oubli est le droit d’une personne de demander que certains résultats de recherche contenant des données personnelles cessent d’être affichés lorsqu’on recherche son nom sur Google ou d’autres moteurs de recherche. En d’autres termes, il permet de retirer des informations personnelles qui s’avèrent fausses, obsolètes, non pertinentes ou disproportionnées par rapport à la situation réelle de la personne concernée.

Il convient de mentionner que le droit à l’oubli n’implique pas d’effacer le contenu original d’Internet. Autrement dit, la nouvelle, l’image, l’article ou la publication peut continuer d’exister sur le site web qui l’a publiée, mais Google cesse d’afficher ce lien dans le moteur de recherche lorsque quelqu’un recherche ton nom. Par conséquent, le contenu ne disparaît pas du site d’origine, mais il cesse d’être accessible via le moteur de recherche, et Google le « désindexe » de ses résultats. Entre autres, le droit à l’oubli est particulièrement intéressant pour les influenceurs et les créateurs de contenu.

Droit à l’oubli et cadre juridique | RGPD, jurisprudence européenne

Le droit à l’oubli s’est construit progressivement à travers la réglementation européenne, la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne et son développement dans les législations nationales des États membres. Ci-dessous, nous expliquons le cadre juridique qui englobe le droit à l’oubli.

Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) comme base du droit à l’oubli

Le Règlement général sur la protection des données reconnaît le droit à l’oubli à son article 17, sous l’appellation de « droit à l’effacement ». Cette disposition établit qu’une personne peut demander la suppression de ses données personnelles lorsque, notamment :

  • a) les données ne sont plus nécessaires au regard des finalités pour lesquelles elles ont été collectées ;
  • b) elle a retiré son consentement ;
  • c) la personne concernée s’oppose au traitement et qu’il n’existe pas de motifs légitimes impérieux pour le traitement (article 21) ;
  • d) les données personnelles ont fait l’objet d’un traitement illicite ;
  • e) les données personnelles doivent être supprimées pour respecter une obligation prévue par le droit de l’Union ou par le droit des États membres applicable au responsable du traitement ;
  • f) les données personnelles ont été collectées dans le cadre de l’offre de services de la société de l’information.

Toutefois, ce « droit à l’effacement » doit être mis en balance avec d’autres droits, en particulier la liberté d’expression et le droit à l’information. Cette mise en balance s’est précisée au fil de la jurisprudence européenne.

Jurisprudence européenne sur le droit à l’oubli

Affaire Google Spain c. Costeja González (2014)

L’origine du droit à l’oubli dans les moteurs de recherche numériques se trouve dans l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne rendu dans l’affaire C-131/12, Mario Costeja – Google Spain, qui a établi que les moteurs de recherche sont responsables du traitement des données personnelles qu’ils indexent et affichent lors d’une recherche sur un nom. À partir de cet arrêt, le RGPD a expressément consacré le droit à l’effacement des données (à son article 17), applicable également aux moteurs de recherche, et celui-ci s’est développé à travers les lignes directrices des autorités de protection des données et des décisions précisant dans quels cas la protection de la vie privée de la personne concernée doit prévaloir.

Dans l’affaire Mario Costeja c. Google Spain, la CJUE établit que le droit de la personne concernée à ce que ses informations personnelles ne soient pas mises à la disposition du public prime sur l’intérêt économique du moteur de recherche et sur l’intérêt du public à accéder à l’information. Toutefois, dans la mise en balance des droits en conflit, il convient de rechercher un « juste équilibre », qui doit être dûment motivé.

En conséquence, la CJUE confie à Google — qui poursuit des intérêts économiques évidents — la tâche de mettre en balance les droits en conflit afin de déterminer l’équilibre entre le droit au respect de la vie privée de l’utilisateur et le droit à la liberté d’information des internautes. Cette fonction de mise en balance relève plus adéquatement du domaine des juridictions ou, le cas échéant, de l’autorité de protection des données de chaque État membre, en tant qu’autorité de contrôle indépendante.

Affaire Google c. CNIL (2019)

Dans l’affaire C-507/17 (Google LLC c. CNIL), la CJUE a précisé la portée territoriale du droit à l’oubli imposé aux moteurs de recherche. Le Tribunal a décidé que, en principe, Google n’est pas tenu d’appliquer la désindexation sur l’ensemble des domaines dans le monde (.com, etc.), mais au moins sur toutes les versions du moteur de recherche correspondant aux États membres de l’Union européenne, en mettant en place des mesures destinées à empêcher l’accès depuis l’Union par l’intermédiaire d’autres domaines.

Cet arrêt a permis d’équilibrer la protection des données avec la réalité d’un internet global, en évitant d’imposer automatiquement une censure mondiale, tout en exigeant que, au sein de l’Union européenne, le droit à l’oubli soit effectif. Il a ainsi consolidé un modèle « régional » du droit à l’oubli, fort dans l’espace européen mais non nécessairement extensible aux pays tiers.

Affaire GC et autres c. CNIL (2019)

Dans les affaires jointesC-136/17 (GC et autres c. CNIL), la CJUE s’est prononcée sur le traitement des catégories particulières de données (telles que la santé, l’idéologie, la religion ou la vie sexuelle) par les moteurs de recherche. La Cour a indiqué que, pour ce type d’informations particulièrement sensibles, les moteurs de recherche doivent appliquer un contrôle plus strict et, dans de nombreux cas, procéder à la désindexation, sauf s’il existe un intérêt public particulièrement fort.

L’arrêt a également précisé que, même s’agissant de données sensibles, il peut exister des situations dans lesquelles l’intérêt à l’information prévaut, par exemple en ce qui concerne des personnalités publiques ou des questions de grande importance sociale. Ainsi, l’arrêt GC et autres c. CNIL a affiné le critère de mise en balance introduit par l’arrêt Costeja, en définissant la manière dont Google doit traiter les informations les plus délicates concernant les personnes.

Développement du droit à l’oubli dans les législations nationales européennes

Dans l’Union européenne, le droit à l’oubli est complété par la réglementation nationale en matière de protection des données de chaque État membre, qui adapte le RGPD et précise les modalités selon lesquelles les citoyens peuvent s’adresser tant aux moteurs de recherche qu’à l’autorité de contrôle lorsqu’ils estiment que leurs données continuent d’apparaître de manière injustifiée. Ci-dessous, nous analysons les législations nationales de certains États membres qui ont complété ou adapté le RGPD, ainsi que leurs principales caractéristiques.

PaysTexte principal de protection des donnéesRéglementation du droit à l’oubli / éléments clés
EspagneLoi organique 3/2018 sur la protection des données personnelles et la garantie des droits numériques (LOPDGDD)Elle développe le RGPD et inclut expressément le droit à l’oubli dans les recherches sur internet ainsi que sur les réseaux sociaux et services équivalents aux articles 93 et 94. Elle reconnaît la possibilité de demander la désindexation de résultats liés au nom d’une personne lorsque l’information est inadéquate, inexacte, non pertinente, non actualisée ou excessive, faisant de l’Espagne l’un des ordres juridiques où ce droit est le plus détaillé au niveau interne.
FranceLoi Informatique et Libertés (réformée pour s’adapter au RGPD)Elle intègre le droit à l’effacement et le droit à l’oubli en cohérence avec le RGPD et s’applique sous la supervision de la CNIL. L’autorité française a joué un rôle central dans le débat sur la portée territoriale du droit à l’oubli face à Google, en défendant, dans plusieurs procédures, une interprétation large visant à éviter que des données disproportionnées restent accessibles depuis la France.
AllemagneBundesdatenschutzgesetz (BDSG)Le BDSG complète le RGPD et réglemente le droit à l’effacement. La pratique allemande met fortement l’accent sur l’équilibre entre la protection des données et la liberté d’expression et de la presse, de sorte que les autorités et les tribunaux procèdent à une analyse particulièrement approfondie lorsqu’il existe un éventuel intérêt public lié à l’information dont la désindexation est demandée.
BelgiqueLoi relative à la protection des personnes physiques à l’égard des traitements de données à caractère personnel (30 juillet 2018)L’autorité belge de protection des données et la pratique judiciaire s’alignent sur la jurisprudence de la CJUE, en accordant une attention particulière aux effets professionnels et réputationnels de l’information ainsi qu’à la proportionnalité de son maintien accessible via les moteurs de recherche. En savoir plus sur le droit à l’oubli en Belgique.

Le CEPD (Comité européen de la protection des données) est un organisme indépendant de l’Union européenne qui garantit l’application du Règlement général sur la protection des données (RGPD) dans tous les États membres, promeut la coopération entre les autorités nationales de protection des données et conseille les institutions de l’UE sur la législation en matière de protection des données. Le droit à l’oubli est également lié au système d’information Schengen et à la suppression des données à caractère personnel.

Dans quels cas peut-on exercer le droit à l’oubli sur Google?

Ci-dessous, nous expliquons les motifs pour lesquels il est possible de solliciter le droit à l’oubli sur Google, avec des exemples pratiques, afin de protéger les données personnelles dans l’environnement numérique et de demander la dissociation de certaines informations.

Informations anciennes ou obsolètes

Tout d’abord, le droit à l’oubli peut être exercé lorsque les résultats de recherche affichent des informations anciennes qui ne reflètent plus la situation actuelle de la personne concernée. Par exemple, des faits survenus il y a des années, qui ont perdu leur pertinence informative, mais qui continuent néanmoins d’apparaître parmi les premiers résultats lorsqu’un nom est recherché sur le moteur de recherche Google. Avec le temps, l’intérêt public peut disparaître, tandis que le préjudice réputationnel demeure. Dans ces cas, il est possible de demander le retrait de ces liens.

💡 Exemple pratique : Un professionnel du secteur commercial apparaissait sur Google en lien avec une information datant de plus de dix ans concernant un conflit du travail. L’affaire avait été rapidement résolue à l’époque par un accord extrajudiciaire avec l’entreprise, mais l’article continuait d’apparaître dans les résultats indexés de Google. Compte tenu du temps écoulé et de l’absence d’intérêt public actuel, le retrait du lien a été demandé et accepté.

Données personnelles ayant perdu leur pertinence

Par ailleurs, le droit à l’oubli peut être exercé lorsque les données personnelles ne sont plus pertinentes au regard de la finalité pour laquelle elles ont été initialement publiées. Cela se produit, par exemple, lorsqu’une information a été pertinente à un moment donné, mais qu’elle ne présente aujourd’hui plus d’intérêt pour le public. En conséquence, le maintien de son indexation sur Google peut s’avérer disproportionné par rapport à l’impact qu’elle génère sur la personne concernée, en particulier lorsque cet impact est négatif ou préjudiciable à l’heure actuelle.

💡 Exemple pratique : Une personne ayant occupé un poste au sein d’une entreprise apparaissait dans des résultats liés à une restructuration interne intervenue plusieurs années auparavant. Bien que l’information fût exacte, elle n’avait plus de pertinence informative et affectait négativement sa carrière professionnelle. Dans ce contexte, son maintien dans les résultats de recherche a été considéré comme disproportionné et sa désindexation a été obtenue.

Actualités relatives à des procédures judiciaires déjà clôturées

Un autre cas fréquent concerne les informations relatives à des procédures judiciaires qui ont déjà pris fin (telles que des classements sans suite, des acquittements ou l’effacement d’antécédents) et dont l’issue a été favorable à la personne demanderesse. Même si l’information relative à la procédure judiciaire était exacte à l’époque et présentait un intérêt, son maintien dans les résultats de recherche ne correspond plus à la réalité actuelle. Dès lors, lorsque la procédure judiciaire est définitivement clôturée et qu’il n’existe plus d’intérêt public, l’exercice du droit à l’oubli est justifié.

💡 Exemple pratique : Un particulier apparaissait associé à une enquête pénale qui avait été classée sans suite avant tout jugement. Malgré cela, plusieurs articles restaient positionnés sur Google des années plus tard au sujet de cette enquête. Une fois la clôture définitive de la procédure et l’absence d’intérêt public établies, le retrait des liens associés à son nom a été obtenu.

Informations inexactes, incomplètes ou hors contexte

Le droit à l’oubli peut également être exercé lorsque les résultats de Google contiennent des informations incorrectes, incomplètes ou trompeuses. Dans ces situations, le problème ne tient pas uniquement à l’écoulement du temps, mais au manque d’exactitude ou au contexte erroné dans lequel l’information apparaît. Le maintien de ce type de résultats peut porter atteinte au droit au respect de la vie privée, à l’honneur et à la protection des données personnelles.

💡 Exemple pratique : Un article mentionnait une sanction administrative sans préciser que celle-ci avait ensuite été annulée. L’absence d’information complète générait une perception erronée de la personne concernée et portait atteinte à sa réputation. Dans ce cas, la désindexation a été acceptée, la preuve ayant été apportée que l’information affichée était incomplète et partiellement trompeuse.

Données causant un préjudice disproportionné

Enfin, le droit à l’oubli peut être exercé lorsque la diffusion de certaines données personnelles provoque un dommage excessif au regard de leur utilité informative. Cela est particulièrement pertinent lorsque les résultats portent atteinte à la réputation, à la vie professionnelle ou aux opportunités d’emploi d’une personne, sans qu’il existe un intérêt public clair justifiant leur maintien. Dans ces situations, les juridictions européennes ont reconnu que le droit à la protection des données peut prévaloir sur le droit à l’information.

💡 Exemple pratique : Un travailleur indépendant voyait son activité professionnelle affectée parce que son nom apparaissait associé à un incident économique survenu de nombreuses années auparavant avec l’administration fiscale. Bien que le fait fût réel, son impact actuel était clairement disproportionné au regard du faible intérêt informatif subsistant. Après analyse du cas, le moteur de recherche a estimé fondée la demande de retrait des résultats.

Données et informations de nature sensible

En particulier, l’exercice du droit à l’oubli revêt une intensité particulière lorsque l’information dont la désindexation est demandée concerne des données personnelles de nature sensible, telles que celles relatives à l’origine raciale ou ethnique, aux opinions politiques, aux convictions religieuses ou philosophiques, à l’appartenance syndicale, ainsi qu’aux données relatives à la santé, à la vie sexuelle ou à l’orientation sexuelle de la personne concernée. Compte tenu de la protection renforcée accordée à ces données par la réglementation en matière de protection des données, leur traitement et leur diffusion par les moteurs de recherche exigent une justification renforcée, la mise en balance s’orientant, en règle générale, en faveur de la sauvegarde des droits fondamentaux de la personne concernée, sauf en présence d’un intérêt public prépondérant.

💡 Exemple pratique : Une personne dont le nom apparaissait dans les résultats de Google en lien avec une ancienne information révélant une maladie grave dont elle avait souffert par le passé. Bien que l’information fût exacte, le lien était disproportionné et portait atteinte à la vie privée de l’intéressé. Dans ce cas, s’agissant de données relatives à la santé — catégorie bénéficiant d’une protection particulière —, le lien a été désindexé.

Analyse individuelle au cas par cas

En définitive, bien que ces hypothèses soient les plus courantes, il n’existe pas de liste fermée de situations dans lesquelles le droit à l’oubli est applicable. Google analyse chaque demande de manière individuelle, en tenant compte de facteurs tels que l’origine de l’information (site gouvernemental ou média), l’ancienneté du contenu, l’effet sur les utilisateurs de Google, le rôle joué par la personne concernée dans la vie publique, l’intérêt général de l’information, la véracité de celle-ci ou la présence de données sensibles. C’est pourquoi, avant de déposer une demande, nos avocats analysent la viabilité du dossier afin d’orienter correctement la démarche.

💡 Valeur ajoutée : De manière générale, plus le temps écoulé est important, plus la situation a évolué et moins il existe d’intérêt public, plus les chances sont élevées que Google procède à la désindexation de ces liens.

Google est-il tenu d’analyser une demande de retrait de contenu?

Google est légalement tenu d’analyser les demandes de retrait de contenus formulées dans le cadre de l’exercice du droit à l’oubli, dès lors qu’elles sont dûment fondées. Cette obligation trouve son origine dans la réglementation européenne en matière de protection des données — en particulier le Règlement général sur la protection des données (RGPD) — ainsi que dans la jurisprudence consolidée de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

Conformément à ce cadre juridique, Google agit en qualité de responsable du traitement des données personnelles qu’il indexe et diffuse par l’intermédiaire de son moteur de recherche. En conséquence, il doit procéder à l’examen de chaque demande présentée. En pratique, lorsqu’une demande fondée sur le droit à l’oubli est déposée, Google est tenu de :

  • Analyser le cas de manière individualisée, en tenant compte des circonstances concrètes de la personne concernée et de l’information en cause ;
  • Mettre en balance le droit fondamental à la protection des données et au respect de la vie privée avec le droit à la liberté d’information et l’intérêt public à l’accès à cette information ;
  • Communiquer au demandeur une décision expresse et motivée, en indiquant les raisons pour lesquelles le retrait du lien des résultats de recherche est accepté ou refusé.

Toutefois, la reconnaissance de cette obligation n’implique pas que toutes les demandes doivent être accueillies favorablement. Le succès de la procédure repose sur la qualité de l’argumentation juridique, l’identification des critères applicables (intérêt public, actualité de l’information, qualité de la personne concernée, nature des données, entre autres) et la démonstration adéquate du préjudice subi. C’est pourquoi le recours à un accompagnement juridique spécialisé est déterminant pour accroître les chances de succès.

Quand Google peut rejeter une demande fondée sur le droit à l’oubli?

Google peut légitimement rejeter une demande lorsqu’il estime que le retrait des résultats porterait atteinte au droit à l’information ou à l’intérêt public. Pour cette raison, il est nécessaire de connaître les limites du droit à l’effacement et d’aborder correctement chaque situation dès le départ. Les principaux cas sont exposés ci-dessous.

Intérêt public et pertinence informative

En premier lieu, Google peut rejeter une demande lorsque l’information présente un intérêt public clair et actuel. Cela se produit lorsque les résultats de recherche concernent des faits qui demeurent pertinents pour la société, en raison de leur impact social, économique ou institutionnel. Dans ces cas, le droit à l’information peut prévaloir sur le droit à la protection des données personnelles.

L’information peut être considérée comme présentant un intérêt public pour différents motifs. Dans le cadre de ce processus décisionnel, Google s’appuie sur diverses sources juridiques et orientations. Celles-ci incluent notamment les lignes directrices élaborées par les autorités européennes de protection des données, telles que celles émises par l’ancien Groupe de travail « Article 29 » sur l’application de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne en matière de droit à l’oubli, ainsi que les lignes directrices du Comité européen de la protection des données.

Personnes ayant une exposition publique

Google applique des critères plus stricts lorsque la demande émane de personnes ayant une exposition publique. Sont considérées comme telles, notamment, les personnes qui exercent ou ont exercé des fonctions politiques, des responsabilités institutionnelles importantes ou des activités ayant une influence sociale ou économique. Dans ces situations, la société présente un intérêt accru à accéder à certaines informations, ce qui limite la portée du droit à l’oubli.

💡 Exemple : Un dirigeant d’une entreprise bénéficiant d’une couverture médiatique a demandé le retrait de résultats liés à sa gestion professionnelle. Compte tenu de son rôle public et de la pertinence de l’information pour des tiers, Google a estimé justifié le maintien des liens.

💡 Exemple : Une personne impliquée dans une affaire de portée sociale récente a sollicité le retrait de plusieurs articles de Google. Toutefois, s’agissant de faits actuels et présentant un impact public, la demande a été rejetée en raison de l’existence d’un intérêt informatif légitime.

Information récente

Par ailleurs, Google rejette généralement les demandes lorsque l’information est récente ou liée à des faits d’actualité. Le droit à l’oubli est destiné à des informations qui ont perdu leur pertinence avec le temps. Ainsi, lorsque les faits sont récents, l’intérêt public tend à prévaloir, du moins à titre temporaire.

💡 Exemple : Une personne a demandé le retrait d’articles publiés quelques mois auparavant concernant une procédure en cours. Dans ce cas, la demande a été rejetée au motif que l’information demeurait actuelle.

Activités professionnelles pertinentes

Enfin, Google peut refuser une demande lorsque l’information est directement liée à des activités professionnelles ayant un impact sur des tiers. Cela inclut, par exemple, des informations pertinentes pour des clients, des consommateurs, des investisseurs ou des utilisateurs d’un service. Dans ces hypothèses, le maintien de l’accès à l’information peut être considéré comme nécessaire pour protéger les intérêts légitimes d’autres personnes, notamment dans le cadre d’avis publiés sur « Google My Business », Google Maps ou concernant des commerces locaux.

💡 Exemple : Un professionnel du secteur financier a demandé le retrait de résultats liés à des sanctions administratives en rapport avec son activité. Étant donné que ces informations pouvaient être pertinentes pour des clients potentiels, Google a estimé qu’il existait un intérêt légitime à leur maintien.

Bulletins officiels et archives de presse

Les demandes fondées sur le droit à l’oubli qui concernent des bulletins officiels (tels que le BOE, des journaux officiels régionaux ou provinciaux) et des archives numériques de médias sont difficiles à faire désindexer. Ce type de sources présente un intérêt informatif et une valeur élevés, ce qui incline la mise en balance en faveur du droit à l’information.

S’agissant des bulletins officiels, les informations publiées revêtent un caractère officiel et normatif, leur finalité étant de garantir la publicité des actes administratifs et judiciaires. Les moteurs de recherche et les autorités de protection des données considèrent généralement qu’il existe un intérêt public renforcé à ce que ces informations demeurent accessibles. C’est pourquoi la désindexation de liens vers des bulletins officiels requiert une expérience et une expertise spécifiques. Il en va de même pour les archives numériques des médias, qui remplissent une fonction d’archivage journalistique et de conservation de la mémoire informative. Google et les autorités estiment généralement que le maintien de l’accès répond à un intérêt légitime de la société.

Droit à l’oubli sur Google. Protection des données. RGPD.

Comment exercer le droit à l’oubli sur Google, étape par étape

Ci-dessous, le processus est expliqué étape par étape, tel qu’il s’applique en pratique et conformément aux critères utilisés par Google.

1. Identifier les résultats exacts que l’on souhaite supprimer

Avant de déposer toute demande, il est indispensable de délimiter avec précision quels résultats doivent être retirés. Google n’analyse pas des liens concrets associés à des recherches concrètes.

Identifier les URL exactes

Tout d’abord, tu dois localiser les URL spécifiques qui apparaissent dans les résultats de recherche et qui contiennent tes données personnelles. Il ne suffit pas d’indiquer le nom du média ou du site ; il est nécessaire de copier l’adresse exacte de chaque résultat. Plus cette identification est précise, plus la demande sera solide.

Vérifier les recherches par nom

Le droit à l’oubli s’applique principalement lorsque l’information apparaît lors d’une recherche du prénom et du nom (ou d’une variante claire). Il est donc important de vérifier quels résultats apparaissent lors d’une recherche avec le nom complet, quelles variantes génèrent des résultats (avec le deuxième nom de famille, des initiales, etc.) et à quelle position apparaît chaque lien (afin d’évaluer l’impact sur la personne concernée et de ne laisser aucun lien non traité).

Rassembler des captures d’écran et des preuves

Il est également recommandé de conserver des captures d’écran des résultats de recherche au moment de préparer la demande. Ces preuves permettent d’établir que le lien apparaît associé à ton nom, de démontrer la visibilité du résultat et d’étayer la demande en cas de demande de retrait de contenu adressée à Google ou de recours ultérieur.

2. Analyser individuellement la viabilité du dossier

Une fois les résultats identifiés, l’étape suivante consiste à analyser si le dossier est viable. Cette analyse fait la différence entre la demande et le résultat final.

Intérêt public de l’information

En premier lieu, il convient d’évaluer si l’information présente un intérêt public actuel. Si les faits restent pertinents pour la société, Google peut rejeter la demande. À l’inverse, si l’intérêt informatif a disparu avec le temps, le droit à l’oubli prend davantage de poids.

Ancienneté des faits

Le temps écoulé est l’un des facteurs les plus importants. Plus les faits sont anciens et moins leur pertinence actuelle est élevée, plus les probabilités de succès augmentent.

Profession de la personne concernée

Il est également essentiel d’analyser le rôle de la personne concernée. Un particulier sans exposition publique n’est pas apprécié de la même manière qu’une personne exerçant des fonctions importantes ou bénéficiant d’une exposition médiatique.

3. Préparer la demande du point de vue juridique

Une fois la viabilité analysée, il faut préparer la demande de retrait et de désindexation auprès du moteur de recherche avec la plus grande rigueur, comme s’il s’agissait d’une action judiciaire. Aborder cette étape de manière superficielle, ou sans les connaissances juridiques nécessaires, est à l’origine de nombreux refus.

Argumentation juridique

La demande doit expliquer clairement pourquoi l’information est obsolète, non pertinente ou disproportionnée, et quel préjudice sa présence dans les résultats de recherche cause. Elle doit également expliquer pourquoi le droit à la protection des données doit prévaloir et fonder juridiquement la demande.

Documentation à l’appui

Il est important de joindre à la demande une documentation qui confirme ce qui est exposé. Des éléments probatoires tels que des procurations notariales, des décisions ou jugements, des certificats d’effacement d’antécédents pénaux, ou des documents attestant des changements pertinents. Plus la demande est documentée, plus elle sera solide.

Erreurs fréquentes à éviter

Parmi les erreurs les plus habituelles figurent les demandes génériques, l’absence de preuves, des arguments contradictoires et un excès de liens non pertinents, entre autres.

4. Déposer la demande auprès de Google

Une fois la demande préparée, elle doit être envoyée via le formulaire spécifique mis à disposition par Google pour le droit à l’oubli.

Quel formulaire utiliser

Google dispose d’un formulaire pour les demandes de retrait de résultats pour des motifs de protection des données. Il est important d’utiliser toujours ce canal officiel et de remplir tous les champs avec précision.

Ce qu’il ne faut pas faire lors de l’envoi de la demande

Il convient d’éviter d’envoyer plusieurs demandes identiques, de modifier les arguments sans cohérence ni justification, et de fournir des informations inutiles ou confuses (faits chronologiques, argumentation juridique, éléments de preuve, etc.).

Délais habituels de réponse

En règle générale, Google répond dans un délai qui peut varier de plusieurs jours à plusieurs semaines. Cela dépend du contenu à retirer, du volume de liens à désindexer, de la quantité d’éléments de preuve, de la complexité, entre autres. La réponse peut être positive, négative ou partielle.

5. Réponse de Google et étapes suivantes

Une fois la réponse reçue, il faut l’analyser avec attention, car toutes les décisions n’ont pas la même portée.

Acceptation de la demande

Si Google accepte la demande, les liens cesseront d’apparaître dans les résultats associés au nom indiqué. Dans ce cas, il convient de vérifier, dans les jours suivant l’acceptation, que la désindexation s’est produite correctement. Si ce n’est pas le cas, il est conseillé de contacter de nouveau Google.

💡 Pour vérifier qu’un résultat a été correctement désindexé, il est recommandé d’effectuer les vérifications depuis une fenêtre de navigation privée ou avec la session Google fermée, afin que les résultats ne soient pas influencés par l’historique de recherche ou le compte de l’utilisateur.

Ensuite, il convient de répéter la recherche en utilisant différentes variantes du nom — prénom et nom complets, un seul nom de famille, ordre inversé, nom professionnel ou pseudonyme s’il est utilisé publiquement —, car le retrait s’applique généralement à des requêtes concrètes et non de manière générique. Enfin, il est important de vérifier la visibilité du résultat tant sur les domaines européens de Google (comme google.es, google.fr ou google.de) que sur google.com depuis un lieu situé dans l’Union européenne, en tenant compte du fait que la désindexation s’applique sur les domaines de l’UE et au moyen du géoblocage pour les utilisateurs européens.

Rejet de la demande

Si la demande est rejetée, Google indique les motifs du rejet. Dans ce scénario, il est possible de reformuler et de corriger la demande en ajoutant les éléments manquants ou en justifiant mieux les arguments, ou d’envisager la possibilité de déposer un recours auprès de l’autorité de protection des données compétente, ou d’envisager la voie judiciaire.

Acceptation partielle

Dans certains cas, Google ne supprime qu’une partie des liens demandés (acceptation partielle de la demande). Cette situation nécessite une analyse spécifique afin de décider s’il convient de former un recours ou non, et comment procéder. Si un résultat réapparaît après avoir été retiré, la première étape consiste à identifier s’il s’agit de la même URL ou d’une nouvelle (par exemple, une republication, un changement de domaine ou une copie du contenu), à documenter la réapparition au moyen de captures datées et de la recherche exacte, et à déposer une nouvelle demande de désindexation en indiquant qu’un retrait antérieur a déjà été accordé et que le contenu est identique.

Que faire si Google rejette ta demande de droit à l’oubli

Recevoir une réponse négative de Google à une demande fondée sur le droit à l’oubli ne signifie pas que la procédure est terminée. Une part significative des demandes rejetées en première instance finissent par aboutir après une réévaluation juridique ou par le recours aux voies légales appropriées. En pratique, Google rejette souvent des demandes en raison de faiblesses dans l’argumentation, de l’absence de preuves suffisantes ou d’une mise en balance discutable entre le droit à la protection des données personnelles et le droit à l’information.

Quand est-il opportun de contester une décision négative de Google?

Parmi les facteurs à prendre en compte figurent les arguments juridiques retenus par Google conformément au RGPD et à la jurisprudence européenne, l’ancienneté des faits et leur pertinence actuelle, l’impact sur la vie personnelle, professionnelle ou réputationnelle de la personne concernée, ainsi que la possibilité d’apporter de nouvelles preuves ou une documentation complémentaire. Lorsque le recours est bien construit, il s’agit d’un moyen efficace d’obtenir la désindexation.

💡 Selon notre expérience : Dans de nombreux cas, le problème n’est pas l’absence de droit à l’oubli, mais une demande mal formulée d’un point de vue juridique, sans une mise en balance correcte des droits fondamentaux ni un appui probatoire suffisant.

Recours auprès de l’autorité de protection des données

Après un rejet de Google, l’étape suivante consiste à saisir l’autorité de protection des données compétente, en fonction du pays du demandeur. Cette procédure permet à l’autorité administrative indépendante de réexaminer la décision prise par Google, d’analyser la mise en balance entre les droits fondamentaux et de rendre une décision contraignante pour le moteur de recherche. Pour cette raison, il est fortement recommandé de bénéficier d’un accompagnement juridique en protection des données, droit du numérique et réputation en ligne.

Dernière voie la procédure judiciaire

Dans certains cas, en particulier lorsque l’impact réputationnel est élevé, il peut être opportun de saisir la juridiction compétente afin de faire valoir le droit à l’oubli. Cela se produit généralement lorsque l’autorité de protection des données rejette la réclamation dans sa décision, que le dossier soulève des questions juridiques pertinentes ou controversées et que le préjudice personnel, professionnel ou économique est important.

Le tribunal procédera à une appréciation individualisée de l’équilibre entre le droit à la protection des données personnelles et le droit à l’information.

En cas de rejet, il est conseillé de solliciter l’avis d’un cabinet spécialisé tel qu’Arthur & Marin, afin de déterminer s’il convient de former un recours, auprès de quel organisme et sur quelle base, avec quels éléments.

Existe-t-il un droit à l’oubli sur Google pour les personnes morales ?

Une question fréquente consiste à savoir si le droit à l’oubli peut également être exercé par des personnes morales, telles que des sociétés commerciales, des associations ou des fondations. À strictement parler, le droit à l’oubli est reconnu par le RGPD et par la jurisprudence européenne uniquement aux personnes physiques, dans la mesure où le RGPD protège des données à caractère personnel liées à des individus identifiables. D’ailleurs, Google indique qu’il évalue les droits à la vie privée des individus et exige la fourniture de documents d’identité personnelle.

💡 Cela étant, en pratique, il existe des voies indirectes d’action lorsque les résultats de recherche affectent une personne morale.

En premier lieu, de nombreuses recherches concernant des entreprises incluent indirectement des données personnelles d’administrateurs, de fondateurs, de dirigeants ou d’associés. Dans ces cas, le droit à l’oubli peut être exercé du point de vue de la personne physique, même si l’impact est de nature entrepreneuriale. Par ailleurs, lorsque les résultats contiennent des informations fausses, inexactes ou obsolètes concernant une entreprise, d’autres mécanismes peuvent être mobilisés, tels que le droit de la propriété intellectuelle (droit d’auteur), la réglementation en matière de concurrence déloyale ou, directement, des actions fondées sur l’atteinte à la réputation. Ainsi, bien qu’une personne morale ne puisse pas invoquer directement le droit à l’oubli prévu par le RGPD, il est possible de concevoir un estratégie visant à supprimer ou à atténuer les résultats négatifs. Apprenez comment fonctionne le droit à l’oubli pour les entrepreneurs et les professionnels.

Checklist des documents et éléments de preuve

Pour qu’une demande de droit à l’oubli auprès de Google ait des chances d’aboutir, il est essentiel de l’étayer par une documentation adéquate. En pratique, de nombreuses demandes sont rejetées en raison d’erreurs formelles (URL incomplètes, recherches mal identifiées) ou d’un manque de preuves. Tu trouveras ci-dessous une checklist pour vérifier la documentation à fournir.

1) Captures d’écran des résultats Google avec date et recherche exacte

  • Réalise des captures d’écran montrant le résultat tel qu’il apparaît sur Google.
  • Indique toujours la date (sur la capture elle-même ou dans le nom du fichier).
  • Mentionne le prénom et le nom complets et, le cas échéant, les variantes courantes (deuxième nom de famille, nom composé, nom professionnel).

Pourquoi c’est important : Google évalue une requête précise. S’il n’est pas clairement établi quelle recherche génère le résultat, la demande peut être classée sans suite.

2) URL exactes des résultats

  • Copie-colle l’URL complète de chaque résultat dont tu demandes la désindexation.
  • Vérifie s’il existe une version mobile, AMP ou un sous-domaine distinct et ajoute-les s’ils sont également référencés.
  • Si le même contenu est reproduit sur plusieurs sites ou domaines, indique chaque URL séparément.

Erreur fréquente : indiquer uniquement la page d’accueil du média au lieu du lien exact où figure l’information.

3) Documents officiels ou certificats

Lorsque le résultat concerne des faits passés qui ne reflètent plus la situation actuelle, il est recommandé de joindre :

  • un cassier judiciaire vide ou un jugement d’acquittement ;
  • une décision administrative, un certificat d’effacement d’antécédents ;
  • tout document public confirmant que l’affaire a été définitivement résolue.

💡 Valeur ajoutée : ces documents ont souvent un poids déterminant dans la mise en balance opérée par Google.

4) Explication détaillée du préjudice

Il ne suffit pas d’affirmer que le résultat « nuit à la réputation ». Il convient de préciser :

  • Préjudice professionnel : refus dans des processus de recrutement, perte de clients, difficultés professionnelles ;
  • Préjudice contractuel ou économique : problèmes pour louer, souscrire des services ou conclure des accords ;
  • Préjudice personnel ou réputationnel : stigmatisation, exposition inutile de données, impact disproportionné.

Lorsque cela est possible, relie le préjudice à la situation actuelle et explique pourquoi le résultat n’est plus pertinent aujourd’hui.

💡 Exemple et cas pratique : « Ce résultat, datant de 2016, apparaît lors de la recherche de mon nom complet et ne reflète pas que la procédure a été classée sans suite. Ces derniers mois, il m’a valu des refus dans des processus de recrutement, comme l’attestent les courriels joints. »

Cas pratiques de réussite en matière de droit à l’oubli sur Google

Tout au long de notre pratique professionnelle, nous avons géré de nombreux procédures de droit à l’oubli auprès de Google, tant au stade administratif que devant les autorités nationales de protection des données, et même dans le cadre de procédures judiciaires. Nous présentons ci-dessous des cas réels, qui illustrent la manière dont le droit à l’oubli s’applique en pratique, les critères qui font la différence et les résultats obtenus grâce à une approche adéquate.

Cas 1 | Suppression d’articles judiciaires anciens après classement de la procédure

Profil de la personne concernée : professionnel du secteur technique, sans exposition médiatique ni notoriété publique.

Problème : Lors de la recherche de son nom sur Google, plusieurs articles publiés plus de huit ans auparavant apparaissaient, relatifs à une enquête pénale qui avait finalement été classée sans mise en accusation.

Stratégie juridique appliquée : Une documentation attestant du classement définitif de la procédure a été fournie. La demande s’est fondée sur la perte de pertinence informative des faits ainsi que sur le préjudice actuel que la persistance des liens causait dans sa sphère professionnelle. L’ensemble a été présenté au moyen d’une demande structurée et juridiquement argumentée.

Résultat : Google a fait droit à la demande et les liens ont cessé d’apparaître dans les recherches effectuées à partir du nom de la personne concernée.

💡 Valeur ajoutée : Ce cas démontre que la véracité d’une information n’empêche pas sa désindexation lorsqu’elle a perdu son intérêt public et qu’elle génère un préjudice disproportionné.

Cas 2 | Droit à l’oubli partiel pour un entrepreneur avec exposition médiatique

Profil de la personne concernée : entrepreneur bénéficiant d’une certaine visibilité dans son secteur d’activité, sans exercer de fonctions publiques ni de responsabilités institutionnelles.

Problème : Lors de recherches effectuées sur Google à partir de son nom, plusieurs résultats liés à un différend commercial survenu plus de dix ans auparavant continuaient d’apparaître. Cette situation affectait négativement ses relations professionnelles avec des clients et des investisseurs.

Stratégie juridique appliquée : La demande a été formulée de manière ciblée, sans viser une suppression indiscriminée de l’ensemble des résultats, et s’est appuyée sur le caractère obsolète de l’information ainsi que sur l’absence de proportionnalité entre l’intérêt informatif et l’impact réputationnel actuel.

Résultat : Google a partiellement fait droit à la demande, en supprimant les liens sollicités tout en maintenant ceux qui n’étaient pas liés à la controverse commerciale.

💡 Valeur ajoutée : Ce cas montre que le droit à l’oubli n’est pas nécessairement une démarche « tout ou rien » et qu’une stratégie bien conçue peut s’avérer plus efficace.

Cas 3 | Annulation d’un refus par recours devant l’autorité de protection des données

Problème : Google avait initialement rejeté la demande de droit à l’oubli en considérant qu’il existait un intérêt public à l’information apparaissant dans les résultats de recherche.

Stratégie juridique appliquée : À la suite de ce refus, un recours a été introduit auprès de l’autorité de protection des données compétente. Dans ce cadre, la mise en balance effectuée par Google a été réexaminée, des éléments de preuve supplémentaires ont été apportés et l’argumentation juridique a été renforcée par des références à la jurisprudence européenne applicable au cas d’espèce.

Résultat : L’autorité de protection des données a fait droit à la réclamation et a ordonné à Google de retirer les liens concernés.

💡 Valeur ajoutée : Ce cas met en évidence qu’un refus initial de Google ne met pas fin à la procédure et que le recours administratif peut être déterminant lorsqu’il repose sur une base solide.

Cas 4 | Protection de la réputation professionnelle face à une information hors contexte

Profil de la personne concernée : professionnel exerçant une activité continue et disposant d’une trajectoire consolidée dans son domaine.

Problème : Lors de recherches sur Google à partir de son nom, apparaissait une sanction administrative initiale, sans mention du fait que celle-ci avait été ultérieurement annulée. Cette omission générait une image professionnelle inexacte et préjudiciable, en présentant une information incomplète et décontextualisée.

Stratégie juridique appliquée : Une documentation attestant de l’annulation de la sanction a été fournie et la demande a été fondée sur le caractère incomplet et hors contexte de l’information indexée. Une attention particulière a également été portée au préjudice réputationnel actuel que cette situation engendrait dans l’exercice professionnel de la personne concernée.

Résultat : Google a fait droit à la demande et a procédé à la désindexation des résultats liés au nom du professionnel.

💡 Valeur ajoutée : Ce cas montre que le droit à l’oubli ne s’applique pas uniquement à des faits anciens, mais également à des informations incomplètes, obsolètes ou dépourvues du contexte nécessaire pour refléter la réalité actuelle de la personne concernée.

Cas 5 | Évaluation négative honnête (cas non viable)

Profil du demandeur : personne bénéficiant d’une exposition publique et d’une présence significative dans l’actualité.

Problème : Le demandeur envisageait la suppression de résultats de recherche liés à des faits récents présentant un intérêt informatif et une pertinence publique.

Stratégie appliquée : Une analyse juridique du dossier a été réalisée afin d’évaluer les chances de succès. À l’issue de cette analyse, les limites du droit à l’oubli et l’incompatibilité de la demande avec la réglementation applicable ont été expliquées.

Résultat : À la suite de cet accompagnement, il a été décidé de ne pas déposer de demande de désindexation auprès de Google.

💡 Valeur ajoutée : Ce cas illustre que l’expertise professionnelle ne consiste pas uniquement à savoir comment agir, mais aussi à identifier les situations dans lesquelles il n’est pas opportun d’engager une procédure, afin d’éviter des coûts et une perte de temps inutiles.

La désindexation au titre du droit à l’oubli s’applique-t-elle uniquement en Europe?

La désindexation au titre du droit à l’oubli sur Google a, en règle générale, une portée européenne. En pratique, lorsque Google accepte une demande, le lien est supprimé des domaines européens du moteur de recherche (tels que google.es, google.fr, google.it, etc.) et, en outre, un blocage géographique est appliqué afin que les utilisateurs effectuant la recherche depuis l’Union européenne ne voient pas ce résultat, même s’ils accèdent à google.com.

En revanche, en dehors de l’Union européenne, le lien peut continuer à être visible dans le moteur de recherche, ce qui ne constitue pas un manquement au regard du critère actuellement retenu par la Cour de justice de l’Union européenne. Ce n’est que dans des cas exceptionnels, dûment justifiés et généralement à la suite de l’intervention d’une autorité de protection des données ou d’une juridiction, qu’un retrait ayant des effets plus larges pourrait être envisagé.

Volume statistique du « droit à l’oubli » sur Google (UE)

Pour comprendre en détail la portée du droit à l’oubli — et expliquer pourquoi Google examine chaque demande de manière individuelle —, il est utile de se référer aux données publiques du Google Transparency Report relatives aux demandes de désindexation dans l’Union européenne. Depuis 2014, Google a désindexé plus de trois millions de pages web dans des résultats associés au nom d’une personne au sein de l’espace européen.

À titre de référence historique en termes de volume et de tendance, à la mi-janvier 2017, 671.463 demandes avaient été recensées et 1.852.776 URL avaient été examinées, avec un taux de retrait d’environ 43,2 % des URL traitées.

Conclusions tirées des données

  • Croissance soutenue du volume : l’augmentation du nombre d’URL désindexées confirme qu’il s’agit d’un mécanisme consolidé et en expansion.
  • Taux de retrait : les pourcentages montrent que Google rejette une partie des demandes après avoir mis en balance la protection de la vie privée et l’intérêt public. C’est pourquoi l’accompagnement professionnel revêt une importance particulière.
  • Domaines apparaissant le plus fréquemment : dans ses communications publiques, Google a indiqué que, parmi les domaines figurant le plus souvent dans les URL faisant l’objet de demandes, se trouvent des plateformes telles que Facebook, Badoo, YouTube ou Google Groups, et que les pays comptant le plus grand nombre de demandes sont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie.

Protège ta réputation grâce à une demande solidement construite qui fait la différence

En matière de droit à l’oubli, la différence entre une acceptation et un rejet tient souvent à la manière dont la demande est analysée et juridiquement argumentée dès le départ. Le droit à l’oubli n’est pas automatique. Il exige d’évaluer l’intérêt public, l’ancienneté de l’information, la situation de la personne concernée et l’impact réel sur sa vie. Une demande correctement formulée permet d’éviter les erreurs et de maximiser les chances de succès. C’est pourquoi, avant d’engager toute démarche ou de contester une décision de Google, il est nécessaire de bénéficier de l’accompagnement de nos spécialistes en droit de l’Union européenne et de définir la stratégie la plus appropriée.

Contacte-nous sans engagement à l’adresse info@arthurmarin.com ou par téléphone au +32 465 345 345 pour protéger tes informations et ta réputation.

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Foire aux questions (FAQ) | Droit à l’oubli sur Google

1) Qu’est-ce que le droit à l’oubli sur Google, exactement ?

Il s’agit du droit de demander que certains liens cessent d’apparaître dans les résultats de Google lorsqu’on recherche ton nom, si ces résultats contiennent des données personnelles et si leur diffusion est devenue obsolète, non pertinente ou disproportionnée.

2) Le droit à l’oubli supprime-t-il le contenu d’Internet ?

Non. Le contenu de la page d’origine n’est pas supprimé (par exemple, un article dans un journal en ligne). Ce qui est obtenu, c’est la désindexation : le lien n’apparaît plus sur Google lorsque l’on recherche ton nom.

3) Dans quels cas une demande est-elle le plus souvent acceptée ?

Les chances sont plus élevées lorsque l’information est ancienne, a perdu sa pertinence, est hors contexte, inexacte, ou lorsque le préjudice réputationnel actuel est disproportionné et qu’il n’existe pas d’intérêt public.

4) Quand Google peut-il légalement rejeter le droit à l’oubli ?

Google peut le rejeter s’il existe un intérêt public actuel, si tu es une personne ayant une exposition publique, si l’information est récente, ou si elle est liée à des activités professionnelles pertinentes pour des tiers (par exemple, consommateurs ou clients).

5) Combien de temps Google met-il pour répondre à une demande ?

Il n’existe pas de délai unique. En pratique, Google répond généralement en quelques semaines, mais le délai dépend de la complexité du dossier et de la documentation fournie.

6) De quoi ai-je besoin pour faire une demande correctement ?

Au minimum, il faut : les URL exactes à retirer, indiquer quelle recherche sur ton nom affiche ces résultats, des preuves/captures d’écran et, le cas échéant, des documents justificatifs (par exemple, effacement d’antécédents, certificats officiels, décisions judiciaires), ainsi qu’une argumentation juridique solide.

7) Puis-je demander le droit à l’oubli si l’information est vraie ?

Oui, dans certains cas. Le fait qu’une information soit vraie ne signifie pas qu’elle doive rester visible indéfiniment dans les moteurs de recherche. Si elle a perdu sa pertinence, est ancienne ou si sa diffusion est disproportionnée, la désindexation peut être accordée.

8) Le résultat est-il supprimé dans tous les pays ?

Pas toujours. En général, la désindexation s’applique au sein de l’UE. Selon le cas, le lien peut continuer d’apparaître dans des recherches effectuées en dehors de l’Europe, ce qui peut nécessiter d’autres mécanismes complémentaires.

9) Existe-t-il un droit à l’oubli pour les personnes morales (entreprises) ?

Non, pas au sens strict. Le droit à l’oubli est reconnu aux personnes physiques. Toutefois, une entreprise peut agir indirectement lorsque les résultats incluent des données personnelles de dirigeants, d’administrateurs, ou par le biais d’autres voies juridiques.

10) Que se passe-t-il si le résultat apparaît lorsqu’on recherche mon nom et prénom, mais pas lorsque l’on cherche seulement mon nom de famille ?

C’est fréquent. Le droit à l’oubli est surtout apprécié lorsque le résultat apparaît en association avec une recherche qui identifie la personne (généralement nom et prénom, ou une combinaison équivalente). S’il n’apparaît qu’avec ton nom complet, cela peut renforcer ta demande, car cela montre que le lien se déclenche lorsque la recherche t’identifie de manière plus précise.

11) Puis-je demander le droit à l’oubli si le lien apparaît via mon nom dans Google Images ou dans « Actualités » ?

Oui, si le résultat (image ou article) implique un traitement de données personnelles et apparaît lors de la recherche de ton nom. En pratique, la démarche est similaire. Toutefois, pour Images, il est essentiel d’identifier l’URL de l’image et de la page source, et pour Actualités, l’actualité et l’intérêt public sont déterminants.

12) Peut-on appliquer le droit à l’oubli à des liens de réseaux sociaux (Facebook, X, LinkedIn, Instagram) qui apparaissent sur Google ?

Oui, si ces liens contiennent des données personnelles et apparaissent lors de la recherche de ton nom, tu peux demander leur désindexation sur Google. En revanche, si le contenu reste visible sur le réseau social, il peut demeurer accessible au sein de la plateforme. Souvent, la meilleure stratégie consiste à demander la désindexation à Google et à gérer la situation directement sur le réseau social (paramètres de confidentialité, retrait ou signalement le cas échéant).

13) Vaut-il mieux demander d’abord au média de retirer ou de mettre à jour l’article avant de s’adresser à Google ?

Cela dépend du cas, mais c’est souvent recommandé. Si le média corrige, met à jour ou retire le contenu, le problème est généralement résolu de manière plus complète. Toutefois, si le média ne coopère pas, tarde à répondre ou si l’article est disproportionné, il peut être pertinent de s’adresser directement à Google.

14) Quels documents augmentent le plus les chances de succès ?

Ceux qui établissent des faits objectifs et réduisent la marge d’interprétation. En général, sont particulièrement utiles :

  • un non-lieu ou un jugement (en cas de procédure judiciaire) ;
  • des certificats officiels (par exemple, effacement d’antécédents lorsque applicable) ;
  • des décisions administratives annulant des sanctions ;
  • des rectifications ou mises à jour publiées par le média ;
  • des preuves d’inexactitude (par exemple, absence d’un dénouement pertinent).
    Il est également conseillé de joindre des captures d’écran du résultat et d’expliquer de manière concrète et vérifiable le préjudice actuel.

15) Que faire si le contenu est republié sur un autre site après son retrait par Google ?

Cela arrive fréquemment (reprises, agrégateurs, republications). Il convient d’agir par étapes :

  • identifier la nouvelle URL et demander à nouveau la désindexation de ce lien ;
  • si le contenu est illicite ou inexact, demander le retrait ou la rectification au nouvel éditeur ;
  • en cas de répétition, envisager des actions en justice ou une stratégie plus globale.
    Un retrait antérieur ne bloque pas automatiquement les futures republications.

16) Google peut-il supprimer des résultats si l’information est correcte mais apparaît avec ma photo ou me rattache à une autre personne ?

Oui. Même si l’information est exacte, si le résultat t’identifie à tort (confusion d’identité) ou associe ta photo ou ton nom à des faits concernant un tiers, il existe une base pour demander la désindexation pour inexactitude ou décontextualisation. Il est alors essentiel d’apporter des preuves claires de la confusion.

17) Comment le droit à l’oubli s’applique-t-il aux avis négatifs ou aux commentaires sur des forums ? Peut-on les supprimer ?

Cela dépend. Les avis et forums relèvent généralement de deux situations. D’une part, des opinions négatives mais légitimes : la désindexation est alors plus difficile s’il existe un intérêt pour les consommateurs et aucune atteinte aux droits. D’autre part, des contenus illicites ou faux (insultes, données personnelles, menaces) : dans ces cas, la désindexation est souvent efficace, notamment lorsqu’apparaissent des données personnelles inutiles (adresse, numéro d’identité, téléphone) ou une usurpation d’identité.

18) Peut-on demander le droit à l’oubli uniquement pour des noms de famille ou pour un nom artistique ?

Oui. Il est possible de demander la désindexation pour des noms de famille, pour un prénom et un seul nom de famille, ou pour un nom artistique, professionnel ou un pseudonyme, dès lors que c’est sous cette forme que la personne est habituellement identifiée dans les résultats.

19) Peut-on désindexer un lien provenant du BOE ou d’un journal officiel ?

En général, c’est difficile. Les liens issus du BOE ou d’autres journaux officiels bénéficient d’un intérêt public renforcé, car ils remplissent une fonction de publicité et de sécurité juridique. Toutefois, la désindexation n’est pas impossible.

20) Que se passe-t-il lorsqu’il existe plusieurs personnes portant le même nom (confusion d’identité) ?

Si un résultat est associé à tort à une personne en raison d’une identité de nom et de prénom, il est essentiel de l’expliquer et d’apporter des preuves montrant que le contenu ne concerne pas le demandeur. Dans ces cas, Google apprécie généralement favorablement la désindexation afin d’éviter qu’une personne soit injustement liée à des faits qui ne la concernent pas. L’élément clé est de démontrer que la recherche portant sur ce nom conduit à une identification erronée.

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