Recouvrement créances importantes Belgique | Récupérez l’argent

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Une procédure de recouvrement de créances importantes en Belgique implique d’agir dans les délais et de choisir la stratégie la plus efficace pour garantir le paiement. Dans de nombreux cas, une mauvaise décision peut entraîner l’impossibilité de recouvrer la créance ou retarder inutilement la procédure. Dans cet article, nous vous expliquons comment fonctionne le recouvrement de dettes en Belgique, quelles sont les procédures disponibles, lesquelles sont les plus adaptées à votre situation, et comment récupérer votre argent efficacement.

Qu’est-ce que le recouvrement de créances en Belgique ?

Le recouvrement de créances en Belgique est la procédure par laquelle une personne physique ou morale (le créancier) exige le paiement d’une somme due par une autre (le débiteur), que ce soit par voie amiable ou judiciaire. D’un point de vue juridique, il s’agit d’une action visant à obtenir l’exécution d’une obligation de paiement résultant d’une relation contractuelle. Ce type de procédure est fréquent tant en matière civile que commerciale, notamment en cas d’impayés.

Différence entre dette civile et dette commerciale

Il est essentiel de distinguer ces deux types de dettes, car ils influencent les délais, les voies de recouvrement et la compétence des juridictions. Une dette civile naît entre particuliers, par exemple dans le cadre de prêts personnels ou d’accords privés. À l’inverse, une dette commerciale intervient entre entreprises ou dans le cadre d’une activité professionnelle, notamment en cas de factures impayées ou de contrats commerciaux non exécutés.

Exemples courants de recouvrement de créances

En pratique, les situations les plus fréquentes incluent les factures impayées entre entreprises, les prêts entre particuliers non remboursés, les inexécutions contractuelles (services non payés) ainsi que les reconnaissances de dette non exécutées.

💡 Dans tous ces cas, le droit belge permet d’engager des actions pour le recouvrement de créances en Belgique.

Cadre légal du recouvrement de créances en Belgique

Sur le plan juridique, le recouvrement de créances en Belgique repose principalement sur le Code civil et le Code judiciaire belge. En particulier, le principe de force obligatoire des contrats est consacré par l’ancien article 1134 du Code civil, selon lequel les conventions légalement formées tiennent lieu de loi entre les parties (pacta sunt servanda). Le débiteur est donc tenu d’exécuter son obligation de paiement. En cas d’inexécution, l’ancien article 1147 du Code civil permet au créancier de solliciter des dommages et intérêts, incluant notamment les intérêts de retard.

Par ailleurs, le Code judiciaire belge organise les procédures de recouvrement judiciaire, notamment les règles de compétence des tribunaux (articles 624 et suivants) ainsi que les mécanismes d’exécution forcée. Ces derniers permettent au créancier, sur base d’un titre exécutoire, de procéder à des saisies sur les biens ou les comptes bancaires du débiteur.

💡 Ces dispositions constituent le fondement juridique du recouvrement de créances en Belgique et leur maîtrise est essentielle pour maximiser les chances de succès.

Quand pouvez-vous engager un recouvrement de créances en Belgique ?

Toute créance ne peut pas être réclamée automatiquement. En Belgique, avant d’engager une action — qu’elle soit amiable ou judiciaire — il est essentiel de vérifier que la créance remplit certaines conditions juridiques.

💡 En pratique, la viabilité d’un recouvrement de créances en Belgique repose sur trois éléments : la nature de la créance, les preuves disponibles et le moment où la réclamation est introduite.

Conditions légales pour le recouvrement d’une créance

Pour qu’une action aboutisse devant les juridictions belges, la créance doit être certaine, liquide et exigible. S’agissant d’une créance certaine, il doit exister une obligation de paiement claire et incontestable.

💡 Exemples : une facture émise après un service effectivement presté, un contrat signé comportant une obligation de paiement, ou une reconnaissance de dette écrite.

Une créance est dite liquide lorsque son montant est déterminé ou déterminable de manière précise.

💡 Exemples : une facture de 1.250.000 € constitue une créance liquide. De même, un contrat prévoyant un prix déterminé. En revanche, une indemnisation non chiffrée ne constitue pas une créance liquide.

Enfin, une créance est exigible lorsque son échéance est arrivée. Il n’est pas possible de réclamer une dette avant son exigibilité.

💡 Exemple : une facture payable à 30 jours ne pourra être réclamée qu’à partir du 31ᵉ jour.

Concernant la preuve, celle-ci est un élément fondamental dans toute procédure de recouvrement. Il est indispensable de pouvoir démontrer l’existence de la créance. Les juridictions belges accordent une importance particulière aux contrats signés (preuve principale), aux factures (notamment entre entreprises), aux courriels (largement utilisés comme preuve) ainsi qu’aux échanges électroniques (y compris les messages WhatsApp, sous certaines conditions).

💡 En l’absence de preuves suffisantes, le recouvrement de la créance peut s’avérer particulièrement difficile. Il est donc important de conserver l’ensemble de la documentation pertinente.

Délais de prescription en Belgique

L’un des aspects les plus importants à prendre en compte est le respect des délais de prescription. La prescription implique qu’après un certain délai, le créancier perd son droit d’agir.

Type de créanceDélai de prescription
Civile (particuliers)10 ans
Commerciale (entreprises)5 ans

Le délai de prescription commence en principe à courir à partir de la date d’exigibilité de la créance, c’est-à-dire du moment où l’obligation devait être exécutée.

💡 Exemple : si une facture arrive à échéance le 1er janvier 2020, le délai de prescription commence à courir à partir de cette date.

En droit belge, ces délais sont notamment régis par l’article 2262bis du Code civil, qui prévoit un délai général de 10 ans pour les créances civiles, tandis que les créances commerciales sont soumises à des délais plus courts (généralement 5 ans en pratique). Il convient également de noter que la prescription peut être interrompue. Tel est le cas, notamment, en cas d’envoi d’une mise en demeure, de reconnaissance de dette par le débiteur, ou d’introduction d’une action en justice.

Procédures pour le recouvrement de créances importantes en Belgique

Lorsqu’il s’agit d’un recouvrement de créances importantes en Belgique, toutes les dettes ne doivent pas être traitées par le même mécanisme. La solution la plus appropriée — qui doit être analysée au cas par cas — dépend de plusieurs facteurs, notamment si la créance est contestée, si le débiteur est une entreprise ou un particulier, des preuves disponibles, ainsi que du caractère national ou international du dossier.

Recouvrement amiable en Belgique (mise en demeure)

Le recouvrement amiable constitue généralement la première étape pour récupérer une créance en Belgique. Il consiste à adresser au débiteur une mise en demeure, c’est-à-dire un courrier formel de paiement mentionnant l’origine de la dette, le montant réclamé, le délai de paiement et les conséquences en cas de non-paiement. Il s’agit d’une phase préalable à toute procédure judiciaire. Elle poursuit trois objectifs principaux. Exercer une pression sur le débiteur, ouvrir la voie à une négociation, et préparer une éventuelle action en justice.

Pourquoi cette étape reste-t-elle importante ? Parce qu’une créance peut souvent être recouvrée sans procédure judiciaire si le débiteur anticipe une action en justice. La pression est d’autant plus efficace lorsque la mise en demeure mentionne les intérêts de retard et les frais judiciaires potentiels.

Procédure extrajudiciaire pour créances non contestées entre entreprises

Parmi les options disponibles pour le recouvrement de créances en Belgique, il existe une procédure spécifique au contexte B2B. Le recouvrement extrajudiciaire des dettes non contestées entre entreprises. Ce mécanisme, relativement unique, est encadré par les articles 1394/20 et suivants du Code judiciaire belge. Il permet au créancier d’engager une procédure sans introduire immédiatement une action judiciaire. La procédure implique l’intervention d’un avocat et d’un huissier de justice, ce dernier étant chargé de formaliser la mise en demeure et de lancer le processus. En l’absence de réaction du débiteur dans le délai imparti, cette procédure peut aboutir à un titre exécutoire. Chez Arthur & Marin, nous sommes un cabinet spécialisé en Droit des affaires.

Quand utiliser cette procédure en Belgique ?

Cette voie est particulièrement adaptée lorsque la créance n’est pas contestée par le débiteur. Elle permet d’agir rapidement, sans passer par un procès, tout en réduisant significativement les délais. Toutefois, elle est limitée aux relations entre entreprises. En cas de contestation par le débiteur, cette procédure ne peut plus être utilisée et il devient nécessaire d’engager une action judiciaire classique.

Procédure d’injonction de payer en Belgique

La procédure d’injonction de payer constitue une autre voie pour le recouvrement de créances en Belgique, accessible tant aux entreprises qu’aux particuliers. Cependant, la procédure sommaire d’injonction de payer est strictement limitée à certains cas, notamment aux créances de faible montant, généralement inférieures à 1.860 EUR. Il s’agit d’une procédure simplifiée permettant au créancier d’obtenir une décision de paiement sans engager une procédure judiciaire complète. Son principal avantage réside dans sa rapidité, mais elle est fortement limitée par le montant de la créance. En cas d’opposition du débiteur, la procédure perd son caractère simplifié et bascule vers une procédure judiciaire ordinaire.

Procédure judiciaire ordinaire en Belgique

Lorsqu’il s’agit d’un recouvrement de créances importantes en Belgique ou lorsque la dette est contestée, la procédure judiciaire ordinaire s’impose. Dans ce cadre, le tribunal examine le fond du litige, notamment l’existence de la créance, son montant, les obligations contractuelles et les arguments des parties. Cette procédure permet d’obtenir un jugement exécutoire. En plus du montant principal de la dette, le créancier peut également réclamer les intérêts de retard, les frais judiciaires et, le cas échéant, des dommages et intérêts.

Comment se déroule concrètement une procédure judiciaire ?

En Belgique, une procédure judiciaire suit généralement une structure classique. Elle débute par l’introduction de la demande devant la juridiction compétente (tribunal civil ou tribunal de l’entreprise). Si le débiteur conteste la demande, les parties établissent un calendrier procédural et échangent des conclusions écrites accompagnées de leurs pièces. Une fois les échanges terminés, le tribunal fixe une audience au cours de laquelle les parties sont entendues. À l’issue de cette phase, le juge rend un jugement statuant sur la créance et, le cas échéant, sur les intérêts dus.

💡 Au cours de la procédure, des expertises peuvent être ordonnées et les éléments de preuve doivent être produits.

La durée d’une procédure dépend de plusieurs facteurs, notamment la charge du tribunal, l’existence d’une contestation et la nécessité d’expertises. En pratique, une procédure de recouvrement en Belgique peut durer entre 6 et 18 mois. Une fois le jugement obtenu, si le débiteur ne s’exécute pas volontairement, il est nécessaire d’engager une procédure d’exécution forcée, pouvant inclure des saisies sur comptes bancaires, des saisies de biens et l’intervention d’un huissier de justice.

Médiation et conciliation en Belgique (alternatives)

Dans certains contextes — notamment en cas de relations commerciales durables ou de désaccord partiel — les modes alternatifs de résolution des conflits, tels que la médiation et la conciliation judiciaire, peuvent constituer une solution efficace pour éviter un contentieux.

Qu’est-ce que la médiation en Belgique et comment fonctionne-t-elle ?

La médiation est un processus dans lequel un tiers neutre et indépendant (le médiateur) aide les parties à parvenir à un accord volontaire. Contrairement au juge, le médiateur n’impose pas de décision. Son rôle consiste à faciliter les échanges, clarifier les intérêts de chaque partie et favoriser une solution mutuellement acceptable. La médiation peut intervenir à différents stades. Avant l’introduction d’une procédure judiciaire, pendant la procédure, ou même à un stade avancé du litige.

Qu’est-ce que la conciliation judiciaire ?

La conciliation judiciaire se déroule devant un juge. Dans ce cadre, le juge ne tranche pas le litige, mais cherche à rapprocher les positions des parties afin de parvenir à un accord. Une fois homologué, cet accord acquiert une valeur juridique contraignante et peut être exécuté. En Belgique, la conciliation peut être sollicitée même avant l’introduction d’une procédure contentieuse.

Quand privilégier la médiation ou la conciliation ?

Ces mécanismes ne sont pas adaptés à toutes les situations, mais peuvent être particulièrement efficaces dans certains cas, notamment lorsqu’il existe une relation commerciale à préserver, lorsqu’un paiement échelonné est envisagé, ou encore en cas de restructuration de la dette. Ils sont également pertinents lorsque le débiteur reconnaît une partie de la dette mais conteste certains éléments, comme la qualité du service ou le montant réclamé. Parmi leurs avantages figurent la réduction des délais, la diminution des coûts et la préservation des relations commerciales ou personnelles. En revanche, ces solutions sont généralement déconseillées lorsque le débiteur agit de mauvaise foi, cherche à retarder la procédure ou lorsqu’il existe un risque d’insolvabilité.

Ordre européen de paiement (procédure européenne d’injonction de payer)

Lorsque la créance présente un caractère transfrontalier au sein de l’Union européenne, il est possible de recourir à l’ordre européen de paiement (procédure européenne d’injonction de payer). Il s’agit d’une procédure uniforme au niveau européen, conçue pour faciliter le recouvrement de créances non contestées entre parties situées dans différents États membres. Ce mécanisme permet d’obtenir, dans des délais relativement courts, une décision ayant force exécutoire dans l’ensemble de l’Union européenne, ce qui en fait un outil particulièrement efficace en matière de Commerce International.

Qu’est-ce que la procédure européenne d’injonction de payer et comment fonctionne-t-elle ?

L’ordre européen de paiement est une procédure régie par le droit de l’Union européenne, permettant au créancier de déposer une demande devant une juridiction nationale compétente. Si la demande remplit les conditions requises, le juge peut émettre une ordonnance de paiement sans entendre préalablement le débiteur. Celui-ci dispose ensuite d’un délai pour former opposition. À défaut d’opposition dans le délai imparti, l’ordonnance devient un titre exécutoire, permettant d’engager directement des mesures d’exécution (telles que des saisies) dans tout État membre où le débiteur possède des biens. Ce mécanisme est particulièrement adapté au recouvrement de créances internationales.

Quand utiliser l’ordre européen de paiement ?

L’ordre européen de paiement est conçu pour des situations spécifiques réunissant plusieurs conditions. Il doit exister un élément transfrontalier au sein de l’Union européenne, c’est-à-dire que le créancier et le débiteur soient domiciliés dans des États membres différents. La créance doit être claire, liquide et exigible. Bien que la procédure permette une opposition, son efficacité repose principalement sur l’absence de contestation sérieuse de la part du débiteur. Elle est particulièrement adaptée aux relations commerciales internationales, notamment en cas de factures impayées entre entreprises opérant dans différents pays. Il s’agit d’une procédure standardisée, plus rapide qu’un contentieux classique, et bénéficiant d’une reconnaissance automatique au sein de l’Union européenne. En cas d’opposition du débiteur, la procédure bascule vers un contentieux judiciaire ordinaire.

💡 Exemple pratique : une entreprise française fournit des services à une société belge et émet une facture de 350.000 € restée impayée. En l’absence de contestation, elle peut recourir à la procédure européenne d’injonction de payer depuis la France ou la Belgique. Si le débiteur ne réagit pas, le créancier obtient un titre exécutoire lui permettant d’engager directement des mesures de saisie sur les comptes ou les biens du débiteur dans l’Union européenne.

Comparatif des procédures pour le recouvrement de créances importantes en Belgique

ProcédureQuand l’utiliserType de créanceRapiditéCoût initialParticularités
Recouvrement amiableToujours comme première étape stratégiqueCivile ou commercialeÉlevéeFaibleNe garantit pas le recouvrement
Procédure extrajudiciaire entre entreprisesCréance non contestée entre entreprisesFactures et créances commerciales clairesMoyenne à élevéeMoyenInapplicable en cas de contestation
Procédure d’injonction de payer belgeUniquement pour les montants limitésCréance jusqu’à 1.860 €ÉlevéeFaible à moyenNon adaptée aux créances importantes
Procédure judiciaire ordinaireCréance élevée ou contestéeCivile ou commercialeMoyenne à faibleMoyen à élevéProcédure plus longue et technique
Ordre européen de paiementLitige transfrontalier non contesté au sein de l’UECréance déterminéeÉlevéeMoyenLimité aux situations intra-UE
Médiation / conciliationLorsqu’un accord est recherchéCréance contestée ou relation à préserverVariableVariableNécessite la coopération des parties
Recouvrement de créances importantes en Belgique.

Intérêts de retard et coûts récupérables en Belgique

Dans le cadre d’un recouvrement de créances importantes en Belgique, le droit belge permet au créancier de réclamer non seulement le montant principal, mais également les intérêts de retard et certains coûts liés au non-paiement, augmentant ainsi le montant total récupérable.

Intérêts de retard en Belgique

En Belgique, les intérêts applicables dépendent principalement de la nature de la relation juridique entre les parties.

Intérêts légaux (relations civiles)

Dans les relations entre particuliers, ce sont les intérêts légaux qui s’appliquent. Leur taux est fixé périodiquement par voie réglementaire. Ces intérêts s’appliquent en l’absence de taux contractuellement prévu. Ils sont généralement inférieurs aux intérêts commerciaux et commencent à courir à partir du moment où la créance devient exigible ou à compter de la mise en demeure, selon les cas.

💡 Ils sont couramment utilisés dans les prêts entre particuliers ou les créances civiles.

Intérêts commerciaux

Dans les relations commerciales, notamment en cas de factures impayées entre entreprises, ce sont les intérêts de retard commerciaux qui s’appliquent, ou le taux prévu contractuellement. Ces intérêts sont généralement plus élevés que les intérêts légaux. Ils s’appliquent en cas de retard de paiement et peuvent courir sans mise en demeure préalable, sous certaines conditions, notamment lorsque cela a été prévu contractuellement.

Montants récupérables dans une procédure de recouvrement en Belgique

Le système juridique belge permet également au créancier de récupérer une partie des frais engagés.

Honoraires d’avocat et indemnité de procédure

En Belgique, les honoraires d’avocat ne sont pas intégralement mis à charge de la partie perdante. Le système prévoit une compensation forfaitaire appelée indemnité de procédure (indemnité de procédure / rechtsplegingsvergoeding). Cela signifie que le juge peut condamner la partie perdante à verser au créancier une somme destinée à couvrir une partie des frais d’avocat. Cette indemnité n’est pas calculée sur base des honoraires réellement payés, mais selon des barèmes légaux, principalement en fonction de la valeur du litige. Ainsi, le créancier peut obtenir une compensation partielle qui réduit l’impact économique de la procédure, ce qui est particulièrement pertinent dans le cadre de créances importantes.

Autres frais récupérables en Belgique

Outre l’indemnité de procédure, d’autres frais peuvent être récupérés dans le cadre d’un recouvrement de créances. Parmi ceux-ci figurent notamment les frais liés à l’intervention d’un huissier de justice, en particulier lors de la phase d’exécution. Cela inclut, par exemple, les frais liés aux saisies sur comptes bancaires ou aux saisies de biens. Dans l’ensemble, le droit belge permet au créancier de récupérer une part significative des coûts générés par le non-paiement.

💡 Exemple pratique : pour une créance de 250.000 € résultant d’une facture impayée, le montant récupérable ne se limite pas au principal. S’y ajoutent les intérêts de retard commerciaux ainsi qu’une indemnité de procédure. Le montant total récupéré peut ainsi être sensiblement supérieur à la créance initiale.

Quel tribunal est compétent en Belgique pour le recouvrement d’une créance ?

Un mauvais choix de juridiction en Belgique peut entraîner l’irrecevabilité de la demande, voire la nullité de la procédure. Il est donc important d’identifier correctement la juridiction compétente dans le cadre d’un recouvrement de créances importantes en Belgique. Pour ce faire, trois éléments doivent être analysés. La nature des parties (entreprise ou particulier), le type de relation juridique et, le cas échéant, le caractère international de la créance.

Tribunal de l’entreprise ou tribunal civil, lequel est compétent ?

En Belgique, la compétence matérielle dépend principalement de la nature du litige. Lorsque la créance résulte d’une relation entre entreprises ou d’une activité professionnelle, le litige relève en principe du tribunal de l’entreprise (tribunal de l’entreprise / ondernemingsrechtbank). Ce tribunal est compétent pour les litiges commerciaux, tels que les factures impayées entre sociétés ou les inexécutions contractuelles. En revanche, lorsque le litige oppose des particuliers ou qu’il est étranger à toute activité professionnelle, la compétence revient au tribunal civil (tribunal de première instance) ou, pour les litiges de moindre importance, au juge de paix. Ces juridictions connaissent notamment des litiges liés à des prêts entre particuliers, des accords privés ou des relations non commerciales.

Compétence territoriale : où introduire la demande ?

Une fois la juridiction identifiée, il convient de déterminer le tribunal territorialement compétent. En règle générale, en Belgique, la compétence territoriale est déterminée par le domicile du débiteur. La demande doit donc être introduite devant le tribunal du lieu où le débiteur a sa résidence ou son siège social. Toutefois, certaines exceptions existent. En matière contractuelle, le créancier peut, dans certains cas, saisir le tribunal du lieu d’exécution de l’obligation (par exemple, le lieu de livraison des marchandises ou de prestation des services), ou se fonder sur une clause de compétence prévue dans le contrat, y compris en faveur d’une juridiction étrangère.

💡 Exemple : une société portugaise fournit des services de conseil à une entreprise établie à Bruxelles et émet des factures pour un montant total de 180.000 €, restées impayées.

Dans ce cas, s’agissant d’une relation entre entreprises et d’une créance commerciale, le tribunal compétent sera le tribunal de l’entreprise. Sur le plan territorial, la demande devra en principe être introduite à Bruxelles, lieu du siège du débiteur, sauf disposition contractuelle contraire ou lieu d’exécution différent.

Cas internationaux et règlement Bruxelles I bis

Lorsque la créance présente un caractère international au sein de l’Union européenne, la compétence juridictionnelle est régie par le Règlement (UE) n° 1215/2012, dit Bruxelles I bis. Ce règlement établit des règles uniformes en matière de compétence judiciaire dans les litiges civils et commerciaux entre États membres. En principe, le défendeur doit être attrait devant les juridictions de l’État membre où il est domicilié. Toutefois, en matière contractuelle, le tribunal du lieu d’exécution de l’obligation peut également être compétent. Ainsi, dans un litige international, il peut être possible d’introduire une action en Belgique ou dans un autre État membre, selon les circonstances du dossier. Par ailleurs, le règlement facilite la reconnaissance et l’exécution des décisions judiciaires entre États membres, ce qui constitue un élément dans le recouvrement de créances internationales.

💡 Exemple : un travailleur indépendant basé à Valence vend des produits à une société belge pour un montant de 3.500.000 €, non payé. Dans ce cas, il s’agit d’un litige transfrontalier relevant du Règlement Bruxelles I bis. Le créancier peut agir en Belgique, où le débiteur est domicilié, ou devant le tribunal du lieu d’exécution de l’obligation, qui correspond ici également à la Belgique (lieu de livraison). La juridiction compétente sera donc en pratique le tribunal de l’entreprise territorialement compétent en Belgique.

Recouvrement de créances internationales en Belgique

La Belgique est l’un des marchés les plus internationaux d’Europe. La présence d’institutions européennes, de multinationales et l’intensité des échanges commerciaux font que le recouvrement de créances internationales en Belgique est particulièrement fréquent. Dans ce contexte, récupérer une créance lorsque les parties sont situées dans des pays différents nécessite une maîtrise des règles européennes applicables ainsi que du droit international privé.

Débiteur en Belgique et créancier étranger : peut-on agir depuis l’étranger ?

Il est tout à fait possible de réclamer une créance contre un débiteur belge sans être domicilié en Belgique. Concrètement, une entreprise espagnole peut réclamer une facture impayée à une société belge, un prestataire français peut agir contre un client établi à Bruxelles, ou encore un travailleur indépendant peut engager une procédure depuis son pays de résidence.

💡 Ces situations sont fréquentes dans le cadre du recouvrement de créances auprès de clients étrangers en Belgique, notamment dans les secteurs des services, de la logistique, du conseil ou du commerce international.

Règlement Bruxelles I bis et compétence internationale

Comme évoqué précédemment, l’instrument juridique central en matière de litiges internationaux au sein de l’Union européenne est le Règlement (UE) n° 1215/2012, dit Bruxelles I bis. Ce règlement fixe les règles permettant de déterminer la juridiction compétente dans les litiges opposant des parties établies dans différents États membres. Il prévoit notamment que le défendeur doit, en principe, être assigné devant les juridictions de l’État membre où il est domicilié, tout en permettant, en matière contractuelle, de saisir également la juridiction du lieu d’exécution de l’obligation. Par ailleurs, le règlement garantit la reconnaissance automatique des décisions judiciaires entre États membres, facilitant ainsi leur exécution.

Exécution des décisions étrangères en Belgique

Dans le cadre du recouvrement de créances internationales, l’enjeu ne réside pas uniquement dans l’obtention d’un jugement, mais également dans sa mise en œuvre effective dans le pays où se trouvent les actifs du débiteur. Au sein de l’Union européenne, grâce au Règlement Bruxelles I bis, une décision rendue en Espagne, en France ou dans tout autre État membre peut être exécutée en Belgique sans procédure d’exequatur. Il suffit de satisfaire à certaines formalités relativement simples pour engager directement des mesures d’exécution. Cela permet au créancier d’agir rapidement, notamment par le biais de saisies sur comptes bancaires ou de saisies de biens en Belgique. Il convient également de rappeler l’existence de la procédure européenne d’injonction de payer, déjà évoquée, qui permet d’obtenir un titre exécutoire rapidement en matière de créances internationales non contestées.

Comment maximiser le recouvrement d’une créance en Belgique ?

Pour maximiser les chances de recouvrement d’une créance en Belgique, il est essentiel d’agir rapidement et de constituer un dossier solide. Une documentation complète (contrats, factures, échanges de courriels) facilite à la fois la négociation amiable et augmente significativement les chances de succès en cas de procédure judiciaire. Si le débiteur ne réagit pas, il est crucial de ne pas attendre afin d’éviter tout risque d’insolvabilité. En matière de relations entre entreprises, l’absence de contestation de la créance peut également permettre d’activer des mécanismes plus rapides.

💡 Il est fortement recommandé de faire appel dès le départ à un cabinet d’avocats spécialisé, afin d’analyser la situation, définir la stratégie la plus adaptée et optimiser le recouvrement de la créance.

Vous devez engager un recouvrement de créances importantes en Belgique ? Contactez-nous

Si vous êtes confronté à une créance importante impayée en Belgique, le cabinet Arthur & Marin vous accompagne à chaque étape du recouvrement, de l’analyse initiale jusqu’à l’exécution. Nous intervenons tant pour des créances nationales qu’internationales, pour des entreprises comme pour des particuliers. Nous analysons la viabilité du dossier, estimons les coûts et les délais, et mettons en œuvre la stratégie la plus efficace pour maximiser vos chances de récupération.

Contactez-nous dès aujourd’hui pour une évaluation confidentielle au courriel info@arthurmarin.com ou au téléphone +32 465 345 345. Récupérez votre argent rapidement, efficacement et en toute sécurité.

💡 La réussite d’un recouvrement de créances importantes en Belgique repose en grande partie sur la planification, l’analyse préalable, le choix de la procédure adéquate et un accompagnement juridique spécialisé.

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