Le droit à l’oubli en Belgique, s’inscrit dans le cadre de la protection des données personnelles. Ce droit permet à un individu de demander la suppression de données personnelles le concernant lorsqu’elles ne sont plus nécessaires ou pertinentes au regard des finalités pour lesquelles elles ont été collectées ou traitées.
En Belgique, ce droit est principalement régi par le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) et les lois nationales qui complètent ce cadre. Dans cette optique, cet article explore les bases juridiques, les conditions d’application et les limites du droit à l’oubli en Belgique.
Fondements juridiques du droit à l’oubli
Le RGPD comme cadre principal
Le droit à l’oubli trouve son ancrage dans l’article 17 du RGPD, intitulé « Droit à l’effacement ». Ce texte reconnaît à toute personne concernée la possibilité de demander l’effacement de ses données personnelles dans plusieurs cas :
- Lorsque les données ne sont plus nécessaires aux fins pour lesquelles elles ont été collectées.
- De plus, si le consentement donné a été retiré et qu’il n’existe aucune autre base légale pour le traitement.
- Lorsque les données ont été traitées de manière illicite, en violation du RGPD.
- Enfin, si leur suppression est nécessaire pour respecter une obligation légale.
Loi Belge du 30 juillet 2018
Pour compléter le RGPD, la Belgique a adopté la loi du 30 juillet 2018 relative à la protection des personnes physiques à l’égard des traitements de données à caractère personnel. Cette loi précise les modalités d’application du RGPD dans le contexte belge.
En outre, elle renforce les compétences de l’Autorité de Protection des Données (APD), qui joue un rôle central dans la mise en œuvre de ce droit.
Application concrète en Belgique
La procédure de demande d’effacement
Pour exercer ce droit, les citoyens belges doivent adresser une demande d’effacement directement au responsable du traitement concerné (entreprise, administration, etc.). Cette procédure suit un cadre bien défini:
- D’abord, la demande doit préciser quelles données doivent être supprimées et inclure une justification conforme aux critères du RGPD
- Le RGPD impose un délai de 30 jours pour répondre à la demande. Si la situation est complexe, ce délai peut être prolongé de 60 jours.
En cas d’acceptation, les données doivent être effacées de manière définitive, y compris des sauvegardes. Si la demande est refusée, le responsable du traitement doit fournir des raisons claires et documentées.
Le rôle de l’Autorité de Protection des Données (APD)
Si le responsable de traitement refuse de répondre favorablement à la demande, la personne concernée peut saisir l’Autorité de Protection des Données (APD). Cet organisme joue un rôle clé dans le règlement des litiges liés à la protection des données personnelles. Par exemple, en 2023 l’APD a traité plusieurs plaintes concernant des refus de suppression de données sur des moteurs de recherche ou des bases de données professionnelles.
L’APD examine si les critères du RGPD et de la législation nationale ont été respectés concernant le droit à l’oublie en Belgique. Ainsi, elle peut engager des enquêtes approfondies sur les pratiques des responsables de traitement.
Les moteurs de recherche et réseaux sociaux
Les citoyens peuvent demander la désindexation de résultats de recherche contenant des informations obsolètes ou diffamatoires. La légitimité de la demande doit tenir en compte plusieurs facteurs :
- Le droit à l’information du public.
- En outre, la pertinence des données pour l’intérêt général, notamment lorsqu’elles concernent des personnalités publiques.
La jurisprudence européenne, notamment l’arrêt Google Spain (CJUE, 13 mai 2014), guide ces évaluations.
Sur les plateformes comme Facebook, Instagram ou Twitter, les utilisateurs peuvent demander la suppression de contenus, tels que des photos, vidéos ou publications. Ces demandes sont particulièrement pertinentes lorsque le contenu a été publié sans consentement ou porte atteinte à la réputation. Dans ce contexte, les réseaux sociaux doivent se conformer aux règles internes et aux obligations du RGPD pour répondre à ces requêtes.

Les limites et exceptions
Droit à l’information vs droit à l’oubli
Tout d’abord, le droit à l’oubli doit être constamment équilibré avec le droit à la liberté d’expression et à l’information. Ce dernier, par ailleurs, est protégé par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (CDFUE). En Belgique, ce conflit se pose souvent dans des cas spécifiques :
- Lorsque les données concernent des personnalités publiques.
- Quand les informations présentent un intérêt général, comme des faits historiques ou politiques.
Ainsi, dans ces situations, les juges et régulateurs doivent évaluer si le droit à l’information prime sur le droit à l’oubli. Cette analyse dépend toujours du contexte et de l’impact des données sur la vie privée.
Données médicales et financières
En outre, en Belgique, les données sensibles comme celles liées à la santé bénéficient d’une protection particulière. Une disposition notable est le droit à l’oubli en assurance, conçu pour protéger les anciens malades :
- Une personne guérie d’une maladie grave, comme le cancer, peut demander que cette information ne soit pas utilisée.
- Après un certain délai, cette donnée ne doit plus influencer la souscription d’une assurance emprunteur.
Ce droit est une avancée unique en Europe, marquant un pas important vers la non-discrimination. De plus, les institutions financières doivent respecter des délais spécifiques pour la conservation des données. Après cette période, elles sont tenues de supprimer ces informations sauf obligation légale contraire.
Intérêt légitime du responsable de traitement
En paralèlle, l’article 17 du RGPD prévoit des exceptions au droit à l’effacement. Ces exceptions sont essentielles pour protéger certains droits fondamentaux et intérêts publics. Par exemple, le traitement des données reste autorisé dans plusieurs cas, tels que :
- Pour exercer le droit à la liberté d’expression ou garantir le droit à l’information.
- Lorsque le traitement est nécessaire pour respecter une obligation légale, telle qu’une exigence fiscale ou réglementaire.
- Pour des raisons d’intérêt public, notamment dans les domaines de la santé publique ou de la sécurité nationale.
- En vue de l’exercice ou de la défense de droits en justice, par exemple dans le cadre de procédures judiciaires.
L’impact des nouvelles technologies
En effet, les avancées technologiques, comme l’intelligence artificielle et le big data, posent de nouveaux défis au droit à l’oubli. Dans ce contexte et face à ces enjeux, les citoyens et entreprises doivent s’adapter en collaboration avec des institutions comme l’Autorité de Protection des Données (APD), pour garantir une gestion responsable des données à l’ère numérique.
Pour des situations ou des litiges liés au droit à l’oubli en Belgique, il est recommandé de contacter un avocat spécialisé en protection des données à Arthur & Marin au courriel info@arthurmarin.com ou au téléphone +32 465 345 345.
Au cabinet nous accompagnons efficacement les particuliers et les entreprises dans les démarches juridiques, garantissant ainsi le respect de leurs droits.