Le Mercosur (Marché Commun du Sud) est un bloc économique et politique créé en 1991 par le Traité d’Asunción. Ses membres officiels sont l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. De plus, la Bolivie, le Chili, la Colombie, l’Équateur, la Guyane, le Pérou et le Suriname participent en tant qu’États associés. L’accord Mercosur Union Européenne a pour objectif de promouvoir l’intégration et le développement économique.
Un événement majeur a eu lieu le 6 décembre 2024, lorsque l’Union Européenne et le Mercosur ont conclu un accord final d’association. Cet accord couvre la coopération, le commerce et les investissements, et vise à créer un espace économique commun. Cet accord créera de nouvelles opportunités économiques, renforçant le lien stratégique entre l’Europe et l’Amérique Latine.
En quoi consiste l’accord ?
L’accord Mercosur Union Européenne repose sur trois piliers principaux : le commerce, le dialogue politique et la coopération. Grâce à l’élimination des tarifs bilatéraux, l’objectif est de favoriser un commerce plus fluide et compétitif. De plus, l’harmonisation des réglementations, notamment les barrières techniques, les mesures sanitaires et les marchés publics, facilitera les échanges commerciaux.
Un aspect important de l’accord est la protection de plus de 350 indications géographiques de l’Union Européenne et de plus de 220 du Mercosur. Cette protection garantira la reconnaissance des produits de haute qualité et d’origine contrôlée, augmentant ainsi leur valeur sur les marchés internationaux.
Premier pilier fondamental : Commerce international
L’accord entre l’Union Européenne et le Mercosur se concentre sur :
- L’élimination des barrières tarifaires. L’UE supprimera plus de 90 % de ses tarifs douaniers sur les importations en provenance du Mercosur. De son côté, le Mercosur fera de même pour environ 91 % des biens en provenance de l’UE. Cet accord couvre des secteurs clés, tels que les produits agricoles, les machines, les produits chimiques et les véhicules. Cependant, les produits agroalimentaires devront respecter les strictes normes de sécurité alimentaire européennes.
- Mesures non tarifaires. L’accord inclut également des mesures non tarifaires pour encourager le commerce et l’investissement. Par exemple, les procédures douanières seront simplifiées, les barrières techniques au commerce réduites et les mesures sanitaires harmonisées.
- Accès aux marchés et soutien aux PME. L’accès des entreprises aux marchés des services des deux régions sera amélioré, y compris les télécommunications, le transport et les services financiers. Actuellement, plus de 30.000 PME européennes exportent vers le Mercosur. Avec l’accord, ce chiffre pourrait augmenter grâce à la simplification de l’accès aux marchés, et vice versa.
- Amélioration de l’accès aux matières premières essentielles. Les taxes et restrictions à l’exportation seront supprimées, et les monopoles d’exportation démantelés, garantissant un meilleur accès aux matières premières.
- Durabilité, droits du travail et environnement. L’accord inclut des engagements à respecter l’Accord de Paris sur le changement climatique et à garantir des normes élevées en matière de droits du travail, de protection de l’environnement et des consommateurs.
- Propriété intellectuelle et marchés publics. Les protections de la propriété intellectuelle seront renforcées et l’accès aux appels d’offres publics sera ouvert dans les deux blocs.
Deuxième et troisième piliers : Dialogue politique et coopération
Dans le domaine migratoire, l’accord propose une gestion conjointe des flux, en privilégiant l’efficacité et le respect des droits humains. De plus, dans l’économie digitale, l’innovation technologique et la numérisation seront encouragées.
Parallèlement, cet accord privilégie la collaboration en recherche et en éducation, en stimulant des projets qui favorisent l’échange de connaissances. D’autre part, il encouragera des pratiques commerciales responsables et incitera les deux parties à lutter contre le changement climatique.

Bénéfices de l’accord pour les deux parties
L’accord de libre échange Mercosur Union Européenne promet des bénéfices significatifs tant pour l’Union Européenne que pour le Mercosur. Voici les détails :
Union Européenne
D’un côté, l’Union Européenne connaîtra une expansion importante de ses marchés, obtenant un accès préférentiel à un marché de plus de 260 millions de consommateurs. Cela ouvrira de nouvelles opportunités pour les entreprises européennes, en particulier dans les secteurs industriels et technologiques. De plus, l’accord contribuera considérablement à la diversification commerciale de l’UE, tout en réduisant sa dépendance aux marchés traditionnels.
Marché Commun du Sud (Mercosur)
Un accès sans précédent au marché européen représentera une opportunité pour augmenter les exportations, notamment de produits agricoles et de matières premières.
De plus, l’accord favorisera la modernisation économique, en incitant à des réformes structurelles qui accroîtront la compétitivité de leurs économies. Une plus grande sécurité juridique, accompagnée des normes établies dans l’accord, attirera des investissements étrangers directs. À long terme, il est prévu que les flux commerciaux entre le Mercosur et l’UE augmentent de 37 %, sans effets négatifs ou répercussions sur le commerce avec d’autres régions géographiques.
Prochains étapes dans l’alliance Mercosur – UE
Pour que l’accord Mercosur Union Européenne entre en vigueur, il doit passer par un processus formel de ratification dans les deux régions. Afin de simplifier ce processus, l’accord est présenté sous deux traités distincts. Cela s’explique par le fait que les dispositions commerciales ne nécessitent la ratification que par les institutions de l’UE (Conseil et Parlement Européen). Toutefois, les domaines du dialogue politique et de la coopération nécessitent l’approbation des parlements nationaux de tous les États membres de l’UE.
Du côté du Mercosur, chaque pays ratifiera l’accord selon ses procédures législatives. L’unanimité n’est pas requise ; il entrera en vigueur bilatéralement après l’approbation parlementaire.
En résumé, si l’accord est ratifié, l’UE disposera d’accords de libre-échange avec 94 % du PIB latino-américain, surpassant les États-Unis (44 %) et la Chine (14 %). Elle deviendrait ainsi le principal partenaire stratégique de l’Amérique Latine.
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